L'hebdo au coeur du pouvoir

N°140, 1er Octobre 2003
Impitoyable

Sans qu'ils soient en retour qualifiés de masochistes, nos hommes et nos femmes politiques seraient bien inspirés de faire un petit tour par le théâtre de dix heures où se produit, jusqu'au 3 janvier Prochain, Bernard Mabille. Ils y découvriraient quelques uns de leurs travers, s'interrogeraient sur les propos qu'ils ont pu tenir, s'esclafferaient des rosseries visant leurs adversaires...Car dans le registre politique, Bernard Mabille, qui fit ses "humanités" auprès de Thierry Le Luron, est ce que Clint Eastwood est au cinéma : Impitoyable. A son image, il possède un regard affûté sur l'actualité, conserve une mémoire phénoménale des faits et gestes de chacun, livre une analyse sûre et très aiguisée la politique française. S'il flingue à tout va, il sait aussi viser juste. Ainsi, il s'interroge sur l'opportunité d'un parti communiste moribond de se "priver des services d'un infirmier" en la personne de Robert Hue ! L'émission 36 heures (voir Hémicycle n°139) lui parait un concept attrayant et convaincant pour peu que l'on immerge les politiques dans la vrai réalité : "les faire vivre avec le SMIC pendant deux semaines". Notre homme, dans un humour caustique, parfois grivois sinon gaulois, ne fais pas de quartiers : tout le monde est servi tant à gauche qu'à droite : Martine Aubry ("Quand je la vois , je suis pour le port du voile"), Dominique Voynet ("Quand elle ballade son chien, c'est elle qu'on caresse")...Sa cible préférée reste tout de même Jean-Pierre Raffarin ("le fils de la Mère Denis et de Papy Brossard") dont il égratigne la communication : "Quand le feu, le pompier souffle, a dit notre premier ministre. Ca ressemble à du Jean-Claude Van Damme", remarque le chansonnier. Et le Sénat d'où vient Jean-Pierre Raffarin n'est pas épargné : "aucun mort qui y siège ne s'est plaint de la pension". Bref, un one-man-show enthousiasmant.

Christophe Soulard

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